Histoire de savoirs

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7. Les collections de la SHAG

Dès ses débuts, la Société d’histoire et d’archéologie veille à acquérir du mobilier archéologique et des œuvres d’art. Elle constitue également de riches collections de manuscrits anciens, d’imprimés, de photographies, de pièces et médailles. Si la majeure partie est ensuite donnée aux musées et aux bibliothèques de Genève, la SHAG reste aujourd’hui détentrice d’un bel ensemble de documents originaux réalisés du XIIIe au XXe siècle.

La Société possède sans doute très tôt une collection de monnaies et de médailles, mais c’est par un don important en 1872 qu’elle se retrouve propriétaire de plus de 6600 pièces, dont 85 en or. Un inventaire est dressé et ce riche ensemble est mis à disposition des membres, par l’intermédiaire d’une personne habilitée à posséder les clefs du médailler acheté pour l’occasion. Ces précautions n’empêcheront toutefois pas un membre indélicat de vendre à son profit, entre 1890 et 1900, les plus belles pièces à divers antiquaires de la place. Une fois découvert le vol, irréparable faute de moyens pour racheter les objets dérobés, la Société se résoudra en 1912 à faire don du reliquat, soit tout de même plus de 1000 pièces, au Cabinet de numismatique du Musée d’art et d’histoire.

Dès la fin des années 1880, Jaques Mayor (1865-1929), membre très actif dès son entrée dans la Société en 1887, prend conscience de l’intérêt de la photographie pour documenter les principaux monuments de Genève ou les bâtiments en cours de démolition. Avec Max van Berchem (1863-1921) et Camille Martin (1877-1928), des campagnes photographiques sont menées, notamment par le photographe Frédéric Boissonnas. Les clichés acquis par la Société, à titre documentaire ou pour illustrer ses publications, sont donnés dès 1909 à ce qui deviendra le Service du Vieux-Genève, actuel Centre d’iconographie genevoise, créé en 1907, dont Camille Martin est le premier conservateur.

Gustave Revilliod (1817-1890), membre de la Société depuis 1854, en devient président en 1865 pour la seconde fois. A cette occasion, il décide de cacher dans son domaine de Varembé une boîte scellée dans laquelle, à côté des objets ci-dessous, on trouve un texte demandant que, «s’il existe encore une Société d’histoire et d’archéologie», le contenu lui soit remis lorsqu’il sera découvert. Ce sera chose faite en 1935, à l’occasion de travaux d’aménagement du domaine.

De nombreuses céramiques gallo-romaines ont été découvertes dans le quartier des Tranchées, comme le relate le tout jeune Henri Fazy (1842-1920) lors d’une séance de la SHAG en 1859. Provenant de contextes inconnus, car fruits de découvertes fortuites faites lors du démantèlement des fortifications et de l’urbanisation subséquente du quartier des Tranchées à partir de 1852, ces pièces ont été données par la Société d’histoire et d’archéologie au Musée cantonal d’archéologie le 3 septembre 1867.

La préservation et la restauration de ces vases reflètent le développement spectaculaire des collections d’archéologie régionale, conséquence du développement urbain de notre cité ainsi que de l’intérêt accru du monde savant genevois, et en particulier des membres de la Société d’histoire et d’archéologie, pour cette science en plein développement.