Côté chaire côté rue

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8 – Les registres d’état civil avant l’état civil

Au XVIe siècle, les Eglises et les Etats déploient partout en Europe des efforts conjoints pour systématiser l’enregistrement des naissances, mariages et décès, constituant ainsi l’embryon de ce qui deviendra ensuite l’état civil. Les territoires réformés se montrent particulièrement précoces et appliqués : Berne rend cet enregistrement obligatoire dès 1528, Genève dix ans plus tard. Ce sont les hommes d’Eglise qui ont la charge de tenir à jour ces informations.

Alors que la mise en pratique de ces décisions est souvent aléatoire, à Genève, la série des registres d’état civil est continue à partir du moment où on intègre en 1550 une armoire dans les chaires où les pasteurs peuvent conserver ces précieux livres.

Il ne faut pas voir dans ces registres une activité administrative. S’ils permettent effectivement de connaître l’état de la population – à Genève on les utilise très tôt pour établir des statistiques de mort par la peste – et si les particuliers y sont aussi intéressés puisque ces documents permettent d’identifier les héritiers légitimes – leur usage est d’abord religieux. Ce sont moins des individus qui y sont enregistrés comme autant d’administrés, que des croyants appelés à accomplir un cheminement de chrétien dans la communauté de salut que forme la paroisse. A Genève, avant le dernier quart du XVIe siècle, ce n’est pas la date de naissance qu’inscrivent les ministres dans ces registres, mais celle du baptême, qui marque l’intégration du nouveau-né dans une communauté paroissiale où il sera par la suite tenu d’assister au culte.

L’état civil comme on l’entend alors forme ainsi une sorte de récit collectif et il n’est par conséquent pas surprenant d’y lire autre chose que ce que nos yeux contemporains s’attendent à y trouver : les ministres ne se contentent pas d’y inscrire les noms des fidèles dont la vie constitue la trame de ce récit, ils y rapportent bien d’autres choses tels que des évènements marquant pour la paroisse ou des instructions pour leurs successeurs.

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Transcription du document CH AEG E.C. Morts 1, f.1

 

Premier registre des morts pour la ville de Genève, 1549

 Notre ayde soit au nom de dieu qui a faict le ciel et la terre. Icy sont les noms des trespassez qui sont decedé de ce monde puir le 23e jour du moys de décembre 1549, comme a esté ordonné par noz tresredoubtez Seigneurs et Superieurs de ceste cité de Geneve, et à moy Claude Fabvre, ministre de l’Hospital pestilencial donné charge expresse de visitez lesd[its] corps et les reduyre icy par escrit. Favre.

Premier registre des morts (1549)AEG E.C. Morts 1, f.1

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Transcription du document CH AEG E.C. Satigny 1

 

Premier registre de paroisse de Satigny, 1542-1634

Ce est le livre au quel sont redigez par escript les Baptesmes et mariages qu’ont estés administré et faictz depuys l’an 1542.

Ceste annee fust ordonné pour ministre et pasteur de ceste Eglise de Satignyz Jacques Bernard citoyen de Geneve et le 30. Jour du moy d’aout et presenté par maistre Jehan Calvin de Noyon, lecteur et prescheur en l’eglise de Geneve, à tout le peuple aussi ledict lieu, ainsi que toute la terre de Pigney est subject à Messieurs de Geneve depuys l’an 1535 quand les presbstres prirent fin, toute ydolatrie fust abattue et l’evangile fust presché librement et publiquement ainsi que Jesus Christ l’avoir commandé à ses apostre.

En ce lieu de Satigny dict le priorat s’assembler les villages de Satignyz, Burdignin, Choulyz, Pigney et Peysyz, pour ouyr les sermons, recepvoir les sacremens, et la saincte ordonnance du mariage.

L’ordre des sermons. Le Dymenche ont presche deux foys, le matin pour tout le peuple, et apres disner le catechisme des enfans se faict. Le mercedy aussi, et signamment durant le temps de la supplication.

Le baptesmes communement est administré le Dymenche apres disner au catechisme. La S. Cene, quatre foys l’annee, sçavoir à Pasques, à Pentecoste, la première Dymenche du moy de septembre et à la nativité de nostre Sauveur.

Le mariage, quand il plast à ceux qui se veullent espouser, soit le Dmenche, ou en sur septmaine, en preschant neantmoins. En ung chacun village est commist une Garde pour veiller sur les contempteurs de l’evangile, et transgresseurs des commandemens de Dieu et des ordonnances de la Seigneurie, pour le rapporter au ministre et de là au Consistoire si sont incorrigibles.

Registre de baptêmes et mariages de Satigny (1542)AEG E.C. Satigny 1

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