Côté chaire côté rue

25 documents ≈ 92 min de lecture au total

Côté chaire côté rue 2 min de lecture

19 – Allègement de l’encadrement disciplinaire

On a parfois décrit le régime en vigueur à Genève sous la Réforme comme une théocratie, héritage de l’influence de Calvin. Théocratique et puritaine, Genève serait à la fois dominée par les ministres et soumise à un contrôle social très strict, la discipline ecclésiastique.

Si de son temps l’influence de Calvin ne fait pas de doute et s’il règne un certain équilibre entre le pouvoir exercé par les ministres et celui des magistrats après 1555, la puissance civile commence à affirmer sa prépondérance à partir des années 1570.

Dans le dernier quart du XVIe siècle, l’étau disciplinaire se desserre, les interdictions de participer à la Cène deviennent moins nombreuses et les magistrats affirment peu à peu leur ascendant sur les ministres. L’âge d’or du contrôle exercé par le Consistoire sur la foi et les mœurs des fidèles s’estompe. La cité réformée commence à perdre certains des traits qui ont fait jusque-là son caractère particulier.

La réintroduction de coutumes contre lesquelles le Consistoire avait lutté est symptomatique de cette évolution qui conduit à une forme de normalisation. En 1606, alors que Théodore de Bèze vient de disparaître, le tribunal ecclésiastique excommunie deux magistrats, coupables d’avoir célébré la fête des rois. Signe des temps, cette sanction est levée par le Conseil des Deux-Cents : le pouvoir civil s’impose ainsi comme autorité prédominante.

Peu à peu on observe aussi que d’autres fêtes, bannies du calendrier genevois qui ne connaît depuis 1550 aucun autre jour chômé que le dimanche, sont réintroduites. Alors que les Genevois reprennent l’habitude de suspendre le travail le jour de Noël ou le jour de l’An, même si ce n’est pas un dimanche, la Compagnie des pasteurs finit de son côté par autoriser des prédications et des chants qui marquent ces jours d’un caractère particulier. Ces évolutions trouveront finalement leur confirmation dans les formulaires liturgiques du XVIIIe siècle.

Retour à la StoryMap