Côté chaire côté rue

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16 – Exercer la charité : l’hôpital général et l’assistance publique

La création de l’Hôpital général est adoptée par le Conseil général le 14 novembre 1535. Cette décision a pour effet de réorganiser en profondeur les modalités de l’assistance. Jusque-là prise en charge par les sept hôpitaux de la ville administrés par des ecclésiastiques ainsi que par une fondation de bienfaisance, la Boîte de toutes Ames, gérée par des notables, l’assistance est désormais centralisée et sécularisée. Ce processus, que l’adhésion de Genève à la Réforme a contribué à accélérer et à réorienter, s’inscrit dans un mouvement plus général de restructuration et de rénovation des institutions caritatives et curatives destinées à soulager les plus démunis. Ce mouvement est animé par un souci croissant d’ordre (lutte contre la mendicité) et d’efficacité de la part des municipalités urbaines.

La création de l’Hôpital général intervient un an après la fondation de l’Aumône générale de Lyon, alors que des établissements similaires existent déjà dans plusieurs villes. La Réforme va permettre de financer la nouvelle institution qui se voit octroyer les revenus de la majeure partie des biens ecclésiastiques qui ont été saisis et de disposer d’un bâtiment, le couvent Sainte-Claire du Bourg-de-Four (à l’emplacement de l’actuel Palais de justice), que les Clarisses ont quitté à peine quelques mois plus tôt.

Dans une optique protestante, la vente des objets liturgiques acquis par le clergé en détournant l’argent destiné aux pauvres et la réaffectation du revenu des dîmes à l’Hôpital permettent à l’action caritative de retrouver sa fonction première. Une autre catégorie d’assistés, les pauvres passants étrangers, sont hébergés à l’hôpital Saint-Esprit (20, rue Saint-Léger), puis dès 1547 à la maison de Coudrée (où se dresse l’actuelle église luthérienne). L’hôpital des pestiférés demeure hors les murs, à Plainpalais, où il a été érigé à la fin du XVe siècle.

L’Hôpital général est dirigé par quatre procureurs, assistés par un hospitalier. L’institution accueille comme pensionnaires des vieillards et malades indigents, ainsi que des enfants, qu’ils soient orphelins, bâtards, ou remis à l’institution par des parents qui ne peuvent assurer leur subsistance.

L’Hôpital assiste encore les Genevois les plus démunis sous la forme d’aumônes, qui consistent le plus souvent en distribution de pain, parfois de vin, plus rarement de vêtements. En 1538, 72 personnes sont logées à l’Hôpital, ils sont 95 en 1602 ; entre les mois d’octobre 1538 et 1539 près de 10.660 pauvres passants étrangers bénéficient du soutien ponctuel de l’Hôpital avant de quitter la ville.

Pour faire face à l’afflux de réfugiés, deux bourses, l’une française (vers 1545), l’autre italienne (vers 1552) sont successivement créées à partir de legs substantiels. Elles se répartissent la prise en charge des assistés en fonction de leur provenance.

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Transcription du document CH AEG Archives hospitalières Aa 1, f. 4

 

Premier registre des délibérations des procureurs de l’hôpital,
du 15 février 1542 au 21 décembre 1550

1542

Le livre de l’hospital general de la Cité de Genesve duquel sont recteurs les magnifiques et tres redoubtés seigneurs sindiques et conseil d’icelle du quel est à presentz hospitallier noble Jehan Fontanna citoyen que entra auditz hospital apres noble Anthoyne Checantz aussi citoyen dudit Genesve le XXVIII jour de janvier mil cinq cents et quarante deux. Et sont procureurs à presentz les nobles Jehan Coquet, Loys Dufour, Jehan Chautemps et Michiel Varod marchiands tam [tant] citoyens que bourgeoys dudit Genesve dans lequel livre sont escriptes les choses appartenantes auditz hospital tam pour les povres petis enfants orphelins trouvés, femmes vesves, gens anciens, povres fillies et toutes aultres manieres de gens tam estrangiers que privés de toutes nations venants respayre audit hospital generalz.

Premier registre des délibérations des procureurs de l'hôpitalCH AEG Archives hospitalières Aa 1, f. 4

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