Côté chaire côté rue

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22 – Présentation des sources

Pour réaliser l’exposition que vous venez de découvrir, les historiens ont étudié les sources, c’est-à-dire les documents nous sont parvenus de cette époque et qui sont conservés entre autres aux Archives d’Etat.

Les archives sont l’ensemble des documents reçus ou produits par une personne physique ou morale, ou par une institution publique ou privée, organisés selon l’activité de cette personne ou de cette institution, et conservés en vue d’être utilisés à des fins administratives ou historiques.

Les principales sources étudiées ici  sont les registres du Conseil, les archives de l’Eglise, les procès criminels, les registres de paroisse ainsi que des ouvrages anciens de la bibliothèque des AEG. Cette vitrine présente les registres du Conseil ainsi que les archives de l’Eglise protestante de Genève.

Les registre du Conseil

Les registres du Conseil constituent la source principale pour toute personne qui s’intéresse à l’histoire de Genève. Il s’agit des registres de décisions, et pièces annexes, des autorités exécutives et législatives de la Communauté des citoyens et bourgeois, puis Ville et République, puis République et Canton de Genève. Il s’agit aujourd’hui des procès-verbaux du Conseil d’Etat. Cette série est conservée en continu de 1409 à nos jours, ce qui est assez unique en Europe, avec une interruption durant la période française (1798-1813)

Les registres des années 1409 à 1541 ont été édités, c’est-à-dire qu’ils ont été transcrits, annotés et publiés.

Les archives de l’Eglise

Pour préparer une exposition sur Genève au temps de la Réforme, il est évidemment indispensable d’étudier les archives produites par l’Eglise elle-même. Ces documents sont conservés depuis 1937 aux Archives d’Etat.

Comment s’est constitué le fonds des archives de l’Eglise?

Le 20 novembre 1541, le Conseil général (l’assemblée des citoyens) adopte les Ordonnances ecclésiastiques. Ces ordonnances organisent la vie de l’Eglise en y instituant quatre fonctions ou ministères, les pasteurs, les docteurs, les anciens et les diacres. Elles donnent naissance à deux nouveaux organes: la Compagnie des pasteurs et le Consistoire, qui vont produire des documents, donc des archives.

Les archives de l’Eglise sont composées de 2 fonds principaux:

Les archives du Consistoire (1542-1929)

Les Anciens forment le Consistoire: c’est une chambre qui réunit douze pasteurs et douze membres du gouvernement, sous la présidence de l’un des magistrats suprêmes. Il y a  un secrétaire, chargé de prendre les procès-verbaux des séances. Les Anciens, selon l’article 37 des “Ordonnances”, doivent être répartis dans les différents quartiers de la Ville à raison d’un Ancien par mille habitants, “pour avoir l’œil à tout”. Le Consistoire est chargé de surveiller les comportements des particuliers, de réprimer les pratiques et les croyances déviantes, d’arbitrer les conflits entre particuliers  et d’obtenir leur amendement en cas d’indiscipline. Cette sorte de tribunal des mœurs et tribunal matrimonial ne peut toutefois prononcer que des peines ecclésiastiques, soit la privation de la cène. Dans les cas entraînant une sanction pénale, le coupable est déféré au Petit Conseil. Le Consistoire s’assemble tous les jeudis.

Les registres du Consistoire constituent une source très riche pour l’étude de nombreux aspects de l’histoire de Genève. Si des Consistoire ont été institués dans toutes les Eglises réformées, rares sont celles qui conservent encore une collection aussi étendue et continue de registres pour l’ensemble de l’Ancien Régime (plus de 90 registres). On y trouve de nombreuses affaires concernant les croyances et  les pratiques religieuses,  la sexualité et le mariage, avec tout ce qui s’y rapporte, promesses de mariage, fornication, adultère et divorce, mais on y rencontre aussi d’autres questions comme l’ivrognerie, le blasphème, l’usure, la mendicité, les danses et les chansons, les guérisseurs et les devins, les jeux, etc., Au travers de ces procès-verbaux se dessine petit à petit une certaine image de la culture populaire, du tissu social genevois et de la moralité de la Genève de cette époque.

Les archives de la Compagnie des pasteurs (1546-1944)

La Compagnie des pasteurs regroupe l’ensemble des ministres de Genève, aussi bien ceux  de la ville que ceux de la campagne. Les principales compétences de la Compagnie des pasteurs sont la doctrine et l’enseignement. Elle veille notamment à l’orthodoxie de ses membres, régit le culte, présente aux autorités les futurs ministres et enseignants, organise la charité, contrôle les imprimés et entretient des rapports avec les autres Églises réformées. La Compagnie des pasteurs se réunit le vendredi; ses délibérations et ses décisions sont consignées par écrit par un secrétaire.

Les procès-verbaux des séances de la Compagnie des pasteurs offrent un matériel d’étude d’une grande diversité, qui éclaire l’histoire religieuse, mais aussi sociale de Genève, et plus particulièrement l’élaboration de la discipline ecclésiastique de la nouvelle Église, les difficultés rencontrées dans son organisation, l’éducation et les échanges avec l’étranger. Les questions débattues à la compagnie des pasteurs ont un caractère plus international que celles débattues au Consistoire ; c’est là qu’étaient discutées les questions posées par les Eglises de France et d’ailleurs et que l’on envisageait ce qu’il convenait de leur répondre.

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